Réseau ONCOMA

Cancer :

Pour une meilleure qualité de vie et des coûts maîtrisés

 

Casablanca, le 3 juillet 2006 : l’Amicale des Cancérologues Marocains se réunit les 7 et 8 juillet prochains à Fèsautour du thème « réseaux de soins en cancérologie ». Le sujet est d’importance : il s’agit de mettre en place un groupe d’experts qui définira les meilleurs protocoles de soins pour chaque type de cancer, en tenant compte des dernières avancées de la recherche, mais aussi des aspects psychologiques, sociaux et budgétaires. Le but de ce réseau, baptisé ONCOMA : permettre à une plus large population de patients marocains de bénéficier des meilleurethérapies dès qu’elles sont disponibles et d’améliorer ainsi leurs chances de guérison et leur qualité de vie.

 

 

Vivre avec un cancer est extrêmement pénible. Au premier chef, le malade est touché de plein fouet par la maladie, au niveau physique, bien sûr, mais aussi au niveau psychologique. En plus de la douleur, de la dégradation de son état général dû à la tumeur, il est brutalement confronté à l’angoisse de la mort et se sent souvent complètement démuni. Au second chef, l’entourage est aussi touché, car il faut prodiguer des soins au malade et il faut le remplacer dans les tâches qu’il ne peut plus assumer. La maladie représente un fardeau financier important : perte des revenus du malade qui ne peut plus travailler, coût des traitements, coût du transport lorsqu’il habite loin des centres de soins. Le cancérologue est aussi partie prenante, car faute de structures de soins intégrés, il doit prendre en compte beaucoup de paramètres en plus des aspects strictement médicaux. Le Pr. Alami Greft, président de l’Amicale des Cancérologues Marocains, raconte : « Je passe souvent la moitié du temps de consultation à parler d’argent et je suis parfois obligé d’adapter le protocole de soins aux contraintes financières du patient. Il existe ainsi une médecine à 2 vitesses, avec des traitements novateurs efficaces pour les malades bénéficiant de l’assurance maladie ou d’une mutuelle (soit un tiers des malades), et des traitements moins chers mais moins efficaces et plus lourds à supporter pour les autres : c’est inacceptable ». Enfin le dernier acteur concerné est l’Etat, au travers de l’assurance maladie, qui a pour devoir de mieuxprendre en charge l’ensemble des citoyens.

Sans la prise en compte de l’ensemble des paramètres, le coût direct d’un traitement peut sembler énorme. Par exemple, dans le traitement du cancer colorectal (troisième cause de mortalité par cancer au Maroc), la capécitabine est plus chère que le 5-fluorouracile (ou 5-FU). Les deux médicaments sont équivalents en termes d’efficacité, comme cela a été prouvé par des études cliniques dans le cancer colorectal, et plus récemment dans le cancer de l’estomac. La différence est que la capécitabine se présente sous forme de comprimés alors que le 5-FU est injectable. Avantages pour le patient : il peut prendre sa chimiothérapie en l’avalant avec un verre d’eau. Plus besoin de rester plusieurs jours à l’hôpital, plus besoin de se faire piquer pour la énième fois dans des veines douloureuses, ou de risquer l’infection par un cathéter implanté, plus besoin d’être immobilisé pendant des heures pendant que le goutte à goutte s’écoule, cela pour recevoir un produit qui n’est pas plus efficace. Avantages pour l’assurance maladie : le patient peut se soigner chez lui, ou venir prendre son traitement en soins ambulatoires. Dans le cancer de l’estomac une étude a montré qu’on réduisait ainsi de 80% les coûts d’hospitalisation. Au final on réduit donc les dépenses de santé tout en améliorant considérablement la qualité de vie des patients.

 

La réunion de l’Amicale des Cancérologues Marocains à Fès débattra de cette problématique. « L’approche du cancer ne peut être que multidisciplinaire, et doit impliquer plusieurs spécialités médicales (chirurgiens, cancérologues, psychologues), mais aussi d’autres intervenants, afin que toutes les composantes de la maladie soient prises en compte », explique le Pr. Greft. Depuis près de 2 ans, un groupe de médecins réfléchit sous son impulsion à la création d’un système de réseau regroupant un groupe d’experts qui définira les meilleures stratégies de lutte pour chaque type de cancer et les mettra à la disposition des cancérologues par le biais d’un site InternetCe groupe est composé de médecins, mais aussi de psychologues, d’infirmiers, de travailleurs sociaux, d’associations de patients, de représentants de l’assurance maladie et des mutuelles. Ce réseau, baptisé ONCOMA, se crée sur le modèle de son homologue français ONCORA, qui fait ses preuves depuis 1994 dans la région lyonnaise. Un partenariat sera signé avec le directeur de ce réseau français, qui fera bénéficier les marocains de son expérience, de son site internet et de ses bases de données.Tout le monde sera gagnant : les malades, mieux soignés ; les médecins, mieux informés ; l’état, qui optimisera ses coûts de prise en charge hospitalière.

 

 

 

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